Ma voiture était couverte d’œufs — et je n’avais aucune idée du pourquoi.
Je suis sortie de chez moi, un bras supportant Léo, l’autre calant Lily contre ma poitrine, quand j’ai aperçu le carnage 😯:
des éclats de coquille jonchaient le capot, du jaune dégoulinait sur les vitres, et l’éclat du soleil matinal faisait scintiller ce désordre comme un appel à l’absurde.
Mon souffle s’est coupé. Comment une simple voiture familiale, dans un quartier aussi tranquille, avait-elle pu se retrouver couverte d’œufs, comme une toile surréaliste ?
Depuis la naissance de mes jumeaux, chaque journée ressemble à un marathon dont je ne connais pas la ligne d’arrivée.
Les nuits sont découpées en siestes de quinze minutes, l’énergie s’évapore entre les biberons et les couches.
Alors, devinez quoi ? Je n’avais même pas la force de formuler un juron quand j’ai compris que tout ce désordre était, paraît-il… intentionnel.
Sans réfléchir, j’ai franchi notre pelouse en lançant un regard circulaire : rien d’autre n’avait été touché. Juste ma voiture, garée devant la maison de mon voisin Marc.
Je ne voyais personne. Rien d’étrange aux alentours. Tout semblait calme, comme si de rien n’était. Mais alors… qui avait bien pu faire ça ? Et surtout, pourquoi ?
Quand j’ai découvert que c’était lui — et pour quelle raison absurde — j’ai été choquée.😯
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Marc, l’homme aux décors d’Halloween si gigantesques qu’on aurait dit qu’il voulait transformer sa rue en thriller hollywoodien.
Mais pourquoi s’en prendre à moi ? Quel lien pouvait exister entre mes bébés et ses squelettes grinçants ?
Je suis montée en furie jusqu’à sa porte et j’ai toqué. Il a ouvert, l’œil pétillant d’une étrange fierté, sans même décrocher un « bonjour ».
— « C’est toi, tu l’as fait ? » ai-je craché.
— « Oui, » a-t-il répondu, comme s’il me confirmait une évidence.
Les bras croisés, sourire suffisant : il ne semblait pas concevoir que l’on puisse être plus épuisée qu’en plein accouchement de jumeaux.
Mais je ne voulais ni crier ni m’effondrer. À vrai dire, je voulais comprendre. Je suis rentrée chez moi, le cœur battant, déterminée à découvrir la vérité.
Ce n’est qu’en frottant la dernière coquille qui résistait sur ma carrosserie que l’évidence m’a frappée : mes enfants et moi étions au cœur de son obsession festive.
Marc n’acceptait pas qu’un élément aussi banal qu’une voiture familiale gêne la visibilité de ses précieuses décorations d’Halloween. Mon simple véhicule brisait l’illusion de son univers macabre.
J’étais sidérée. Pas seulement par la mesquinerie du geste. Mais par l’absurdité du motif.


